Quand nous comprenons vraiment ce que nous sommes et que nous nous abandonnons totalement à cette compréhension, la notion d'un "je" pensant et agissant tombe naturellement car il n'y a plus rien pour la maintenir, plus aucun effort et tension qui ne sont qu'eclavage. Avec sa chute, chute également toute notion de responsabilité ou de culpabilité. Il n'est aucune action, aucun évènement qui ne soit personnel. Aussi, lorsque le couteau se plante dans la main, il y a bien le couteau planté dans la main mais il ne peut être trouvé aucun "planteur", ni aucun "planté". Il n'y a aucun responsable ni personne pour vivre ce qu'il y a à vivre. Tout, dans notre compréhension, est sans cause. A un niveau plus relatif, on peut trouver une cause et un effet. C'est ce que fait le psychanaliste. Mais profondément, chaque instant est sans cause et c'est cela qui est la Beauté de ce qui est. Donc, dans notre compréhension, nous ne laissons pas l'épisode du couteau être intégré dans une histoire (causale) car notre véritable nature n'est pas dans une histoire. La responsabilité est une convention sociale pour éloigner les planteurs de couteau récidivistes de la compagnie de ses semblables, mais il ne saurait y avoir un jugement moral là-dedans. La notion de responsabilité est une utilité "extérieure" purement fonctionnelle. Mais il n'y a personne pour être responsable de ce que l'on vit parce que la "vie" objective n'apparaît à personne. Il n'y a personne pour vivre quoi que ce soit, pour penser, ressentir, etc...